année 1945

retour à Berlin, déluge de feu et destruction de la ville

Dans la nuit du 24 décembre au 1er janvier 1945, pour le nouvel an le patron offrit au groupe de Wriezen un bon repas accompagné avec des bouteilles de vin sorties de sa réserve et du champagne. Il fit un peu la fête avec eux et comme écrit André : "peut-être  sentait-il le vent venir". Paul L. prépara ce repas et André réalisa les cartes de menu ci-dessous.                                                                                                                              

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André : "à Wriezen, l'usine n'a jamais vraiment fonctionné. Les russes avançaient, les avions passaient très bas en mitraillant. Nous avons aidé au déménagement d'une fabrique de tissu  et au cours de ce travail pas mal de coupons et une machine à coudre sont devenus notre propriété. Nous étions mieux logés qu'à Berlin, mais toujours surveillés par des "hitlerjugend" gamins de 9 ans et plus qui nous suivaient même au "kino" cinéma. Ces jeunes engagés, endoctrinés et fanatiques en uniforme et portant un brassard à croix gammée étaient dangereux pour les étrangers et aussi pour leurs compatriotes. Parmi les femmes allemandes qui travaillaient avec nous à Berlin les relations s'étaient améliorées, les langues se déliaient et nous avons appris que certains de ces jeunes avaient dénoncé leurs parents qui ayant critiqué le führer ou seulement écouté la radio anglaise se retrouvaient en prison et même en camp de concentration. Il y avait aussi dans l'usine une "nazie" qui était chargée de surveiller et d'espionner cette main d'oeuvre féminine, mais plus les jours passaient moins elle avait d'emprise. Par contre nous avions l'impression qu'elle nous ignorait, ce qui était logique pour une nazie convaincue : nous n'étions rien. Elle disparut dans les derniers jours."

Jeudi 8 mars : le groupe rejoignait Berlin par le train et le lendemain couchait dans des chambres avec de vrais lits. Ces locaux avaient été aménagés dans les étages de l'usine à la demande du patron pendant l'absence à Wriezen. Mais les évènements s'accéléraient, l'armée soviétique approchait par le nord, des avions larguaient des tracts.

Roland : "mercredi 19 avril 1945, on entend de plus en plus l'artillerie les russes approchent. Samedi 21 avril, les obus nous sifflent aux oreilles toute la journée et les vitres de l'atelier éclatent, nous couchons dans l'abri sous l'usine."

André : "23 avril 1945, à part quelques uns restés dans l'ancien camp, nous sommes dans l'abri avec beaucoup de femmes et d'enfants, nous sortons  faire du café pour tout l'abri et aller chercher de l'eau à la pompe dans la rue et avec nos cartes essayer d'obtenir du pain, du saucisson et des conserves. J'ai aussi descendu le drapeau français, celui qui avait flotté sur la baraque du camp, il nous porte bonheur. 24 avril, les avions attaquent le bunker de DCA d'en face, le secteur est très agité, des obus tombent dans la rue et devant la porte, les balles de mitrailleuses sifflent."

Roland : "30 avril 1945, les obus tombent dans les maisons à coté, mais avec Paul et deux copains bouchers nous sommes sortis récupérer de la viande de cheval abattu par l'artillerie. Gabriel qui était resté au camp s'est fait tuer par une rafale de mitrailleuse."

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                                                    Berlin juste après la bataille

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