année 1945 : suite

Fin des combats - la délivrance

Les sections d'assaut de l'armée soviétique composées d'hommes mais aussi de femmes, investissaient Berlin rue par rue. L'artillerie allemande essayait de résister, ainsi que ce qu'il restait de la division SS Charlemagne en partie composée de 400 français qui voulaient en découdre jusqu'au bout. Les combattants russes ( aussitôt leur travail terminé et dans quel état) s'allongeaient n'importe où et dormaient. Puis arrivèrent derrière d'autres unités qui elles n'avaient pas le même comportement : vols, viols, etc.

Roland : "mercredi 2 mai 1945, entrée des russes dans l'abri, ce midi des viols sont commis dans nos chambres."

André : "2 mai 1945, visite des russes dans l'abri, ils prennent les montres, la mienne est partie."


Ensuite une autre unité commandée par deux officiers prenait station dans la cour de l'usine avec une cuisine roulante. Les soldats russes  venaient de découvrir un immense dépôt des SS caché sous les immeubles de la rue dont les habitants n'avaient jamais soupçonné l'existence: vin, cognac, champagne, cigarettes, viande, sucre, café (du vrai), liqueurs, farine, etc. Tout le monde fut invité au pillage et à fêter la victoire.

André : "pas habitués de boire à la bouteille et encore moins au tonneau, nous avons peiné pour remonter à la surface.Paul L. en a fait l'expérience et il renforçait dans la gaieté l'équipe de la roulante.roulante-russe-berlin-1945-1.jpg Moins gai, lorsque nous sommes sortis dans la Brunnenstrasse méconnaissable, des cadavres de SS jonchaient la rue près du 93. Des officiers russes fouillant dans leurs poches nous ont montré leurs cartes, c'était des français. Ils se sont battus jusqu'au bout, sachant ce qui les attendait. les russes ne faisaient pas beaucoup de prisonniers SS. Les deux officiers (capitaines)  qui commandaient le détachement de la roulante étaient professeurs à Léningrad, et surprenant pour nous mari et femme, d'une quarantaine d'année parlant parfaitement français. Une matinée nous avons revu le mystérieux allemand régleur de nos machines qui discutait avec ces officiers. Il nous fit signe d'approcher, et là...surprise lui aussi parlait français et nous a expliqué qu'il était responsable du quartier, appartenant à la marine nationale allemande, communiste, il était dans un camp d'internés politiques allemands et sortait de temps en temps étant spécialiste des réglages de machines de précision. Il était content que nous nous en sortions aussi bien et nous remercia de ce que nous avions fait pour les gens dans l'abri (il est vrai que nous n'étions pas certains d'en sortir vivants: une seule bombe de 250 kg tombée sur l'abri et il ne serait pas resté beaucoup de survivants)."

 

 

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